EcoBaf, des bactéries pour restaurer les sols et promouvoir un développement durable des écosystèmes agricoles

Pascal et Ronaldo, tous deux micro-biologistes de formation ont développé SYMBIO, un concentré de bactéries pour redynamiser la biodiversité des sols et offrir une alternative durable aux pesticides.

Biodiversité du sol = micro-organismes capables de rendre assimilables par les plantes les nutriments naturellement présents.
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Contexte :

Le système de production intensive mondial conduit à utiliser massivement les pesticides (lutte contre les mauvaises herbes, les insectes …) et les engrais (source de nutriments pour les plantes qui favorise la croissance et la protège des maladies). Toutefois, pesticides et engrais contiennent des produits chimiques (phosphates, nitrates …) qui conduisent à appauvrir les sols en micro-organismes, contaminer les eaux et empoisonner la faune. Un cercle vicieux qui conduit à appauvrir les sols et donc utiliser de plus en plus de pesticides pour maintenir des rendements suffisants.

Le secteur agricole péruvien n’échappe pas à ce triste résultat et c’est partant de ce constat que Pascal, Ronaldo et Vasco ont commencé à réfléchir à des solutions durables pour redynamiser la biodiversité naturelle des sols. La biodiversité d’un sol est synonyme de richesse et de résilience des cultures. L’idée est de permettre aux agriculteurs de produire des produits sains, de qualité en profitant de rendements presque similaire à l’agriculture traditionnelle.

Le produit « Symbio » :

Un set de 4 produits composé de bactéries variées. Chaque produit à une impact positive sur une partie de l’écosystème. L’application successive de ces 4 produits permet une croissance du nombre de micro-organismes présents dans le sols et peu à peu une restauration complète des sols. Les agriculteurs bénéficient également d’un accompagnement d’EcoBaf pour les former aux techniques d’agro-écologie, d’association de culture …

Leur Logique :

A l’opposé des stratégies classiques visant à accroître la dépendance du consommateur, Ecobaf propose un produit visant à rendre indépendant ses clients agriculteurs. Un cercle vertueux où l’utilisation du produit diminue avec le temps et en parallèle des rendements qui augmentent.

Une super initiative encore en phase de test, à qui l’on souhaite le meilleur pour la suite.

 

 

 

L’écosystème gagnant de Vasco Macias : des poules, de la spiruline et des bactéries.

C’est à quelques kilomètres de Lima que nous avons rencontré le super entrepreneur Vasco Masias. Ce chef d’entreprise engagé nous révèle les secrets de son groupe La Caleta.

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Parmi les maillons de la chaîne, Ovosur qui produit chaque jour 3 millions d’œufs soit 1/3 de la consommation péruvienne. L’idée de Vasco est de créer un cycle autour de ses petites poules. Pour cela, il a décidé de valoriser leurs déchets en les utilisant pour fertiliser les plans fruits et légumes qu’il fait maintenant pousser. Parallèlement, il développe avec Pascal le projet Ecobaf : un fertilisant naturel réalisé à partir de bactéries complémentaires et destiné à restaurer et revitaliser les terres devenues stériles.

Il a par ailleurs lancé des recherches sur le moringa, les champignons et les algues pour nourrir ses poulets de manière durable et responsable. Dans le monde chaque année 350 millions de tonnes d’aliments sont destinés à la consommation animales. Si ils sont en majorité composé de soja, on compte tout de même 15 millions de tonnes qui proviennent de la farine de poisson. C’est un fléau qui vide nos océans et touche particulièrement le Pérou, un des plus gros pêcheurs d’anchois du monde. Petite anecdote ici la consommation humaine de l’anchois est interdite au profit de la consommation animale.

Il considère son entreprise comme un écosystème où chaque entité travail en harmonie avec les autres. Chaque output ou déchet d’une entité est en principe réutilisé et valorisé par la suivante créant ainsi un cercle vertueux. En pleine phase de test, il compte bien faire bouger le milieu de l’alimentation animale et ainsi boucler le cycle pour une entreprise durable.

 

 

Willka, cette société qui entend faire des champignons une alternative viable à la viande

Fin d’une journée bien bien chargée à Lima avec encore une fois une rencontre passionante avec Jorge qui a créé Willka, cette société qui produit et commercialise le Hongos.


Le Pérou est certes reconnu pour sa gastronomie mais une grande partie de sa population continue à consommer qu’une infime partie des produits alimentaires produient sur le territoire.

Son objectif : diminuer au maximum les coûts de production afin d’offrir ses champignons au plus grand nombre

Jorge, avec son entreprise Willka entend bien instaurer l’utilisation des champignons dans la culture péruvienne. Des produits naturellement proteinés (5 fois plus concentrés que la plupart des légumes et contiennent tous les acides aminés nécessaires) qui permettraient d’offrir une solution durable et économique aux péruviens pour couvrir en partie leurs besoins quotidien en protéines.

Ses principales problématiques : 

La présence de viande dans un repas, même en infime quantite est synonyme de richesse

– Les péruviens vivent en famille jusqu’à 30-35 ans, il est difficile de changer les habitudes alimentaires bien ancrées.

Toutefois, Jorge note qu’au Perou comme dans le monde entier, la population commence à prendre conscience de la nécessité de changer ses habitudes de consommation, principalement concernant les produits carnés.

Un changement à l’échelle mondiale est en cours, faisons tout pour qu’il se fasse avant qu’il ne soit trop tard.

Food Box

Rencontre avec Michael et Aurélien, deux anciens colocataires qui ont décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat ici à Lima.

Leur constat : 

– Les jeunes péruviens perdent l’habitude de cuisiner eux même leur repas

– Le gâchis alimentaire est très présent au Perou

– On retrouve un indice d’obésité fort et de nombreuses personnes souffrant de carences en nutriments

Leur concept : livrer chez des particuliers des kits de recettes avec des ingrédients pré-dosés pour cuisiner chez soi des plats à la foi bons et sains.

Un double impact positif :

1- Des kits justement dosés permettent de limiter voir d’éviter tout gaspillage. 

2- Un circuit court entre producteurs et consommateurs et des recettes de saison permettent de proposer des produits tout à fait compétitifs avec la grande distribution locale.

Reciclando aceite, 

Miuki est une jeune péruvienne qui a développé un concept plutôt fascinant : utiliser l’huile de cuisine usagée pour en faire du savon biodegrable.

En Amérique du Sud, une grande partie des aliments étant fris dû à l’absence de fours, l’huile de cuisine est très utilisée. Quand on sait qu’un litre d’huile peut potentiellement contaminer 1000 litres d’eau on peut commencer à se poser de réelles questions de recyclage. 

Comme nous l’explique Miuki, ils existent des solutions pour les restaurants, les industriels pour convertir l’huile usagée en bio-carburant. En argentine, certaines entreprises ou organisation comme ALPI sont même spécialisées dans la récupération de ce déchet. Mais rien n’existe pour l’huile usagée ménagère.


C’est partant de ce constat que reciclando aceite est née. L’huile est collectée chez les particuliers et transformée en savon en suivant une recette très simple.


Un savon naturel et biodégradable à hauteur de 93%, de quoi rendre certains restaurants ou hôtels autosuffisants … tout à fait possible !!

Pourquoi pas aller plus loin en récupérant les déchets organiques comme les peaux d’agrumes ou autres fruits pour en faire des huiles essentielles (ingrédient le plus cher) à intégrer dans la recette du savon ?

Un grand merci à Miuki pour le temps qu’elle nous a accordé pour nous expliquer son projet.

Boixos Nois, un Food lab Péruvien !

À Lima, nous avons rencontré José Antonio Zaragoza qui a créée il y a quelques années un laboratoire dont l’objectif est de développer toute idées de produits Food qu’un restaurant, usine voir même particulier pourraient avoir.

Il attache une importance particulière à la valorisation des produits non utilisés par l’industrie alimentaire (non conformes) voir même des déchets pour en faire de nouveaux produits à commercialiser. 

Il utilise par exemple les fruits et légumes moches des usines avoisinantes a Lima pour en faire des compotes ou des jus. De même, il réutilise les épluchures de légumes afin d’en faire des infusions commercialisables. 

Une pratique qui permet ainsi aux professionnels de réutiliser leurs invendus, de réduire leurs déchets et de percevoir certains revenus complémentaires. 

Avec un brin de folie ils n’hésite pas à nous parler de ces prochains projets : valorisation des coquilles d’œuf pour en faire un condensé de Calcium ou son projet de lait de quinoa … affaire à suivre !

Livin Farm & Rooftop Republic

Notre passage à Hong-Kong a été intense : 4 jours pour 6 rencontres passionnantes.

Cette ville bouillonnante, véritable laboratoire à ciel ouvert pour la ville de demain fait face à de nombreuses contraintes d’espace, densité de la population, dépendance alimentaire ou encore gaspillage. Il faut trouver de l’eau, de la nourriture et des ressources pour les 7 millions d’habitants qui font d’Hong Kong la ville la plus densément peuplée au monde.

Nous avons rencontré les fondateurs de deux projets innovants plein d’espoirs.

Katharina de Livin Farms a conçu le premier système pour élever des vers de farine chez soi et ainsi offrir une alternative en protéines aux consommateurs. En effet, ces petits vers c’est 2 fois plus de protéines que dans la viande pour un espace nécessaire10 fois inférieur au bœuf. Mais la Hive à vers, c’est aussi une manière de reconnecter les consommateurs avec leur alimentation en leur offrant des produits sains pour leur santé et pour l’environnement et un contrôle sur l’ensemble de la chaîne de production.

Pol de Rooftop Republic transforme quant à lui les espaces inutilisés de Hong Kong en ferme urbaine. Des rooftops, aux cours d’écoles en passant par les cours intérieurs d’immeubles ou d’entreprises, les espaces sont partout. On estime même à 600ha la surface des toits utilisables à Hong-Kong. De quoi faire un sacré paquet de fermes urbaines.

Ces jardins urbains sont utilisés d’une part pour produire localement et réduire de facto la dependance de la ville aux importations mais surtout pour éduquer et sensibiliser cette population urbaine aux modes de production alternatifs et une fois de plus leur redonner le contrôle sur ce qu’ils mangent. Ils en profitent même pour organiser régulièrement des workshops pour apprendre aux habitants de Hong-Kong à produire en ville.

Rencontrer des porteurs de projets aussi passionnés et engagés nous donne encore plus de motivation pour le reste de notre aventure, mais c’est surtout encourageant de voir que les choses changent !

La permaculture s’apprend à l’école

Happy Chandara (toutes à l’école) est une association française installée au Cambodge depuis maintenant 10 ans. 1500 jeunes filles défavorisées passent tous les jours le portail de cette école pour profiter de cours d’excellente qualité et avoir ainsi une chance de trouver un métier qualifié.

Au milieu de cette cohorte d’élèves se dresse un merveilleux jardin utilisant des principes de permaculture et géré par Philippe Despreles, ingénieur agronome français venu s’installé au Cambodge il y a quelques années. La production journalière permet d’approvisionner en fruits et légumes la cantine de l’internat. Sur la 1ère année, la ferme aura produit près de 3 tonnes de fruits et légumes sur 2 hectares. Objectif 2020 … 7 tonnes !

Ce qui nous a séduit à Happy Chandara

Intégrer une ferme de permaculture au plus proche de l’éducation pour sensibiliser dès le plus jeune âge aux techniques de production durables. L’agriculture est une science, comprendre son fonctionnement est primordial pour éviter l’utilisation abusive de pesticide comme nous avons pû le voir au Cambodge.

Philippe et Robin imaginent la production agricole de demain !

Disposons des fermes permacoles autour des villes pour d’une part limiter les impacts environnementaux liés au transport et d’autre part recréer du lien entre le producteur et le consommateur. En complément de cette production de proximité, utilisons l’agriculture de conservation (en savoir plus) pour produire nos céréales sur de grandes surfaces gérées durablement.

De la terre aux baguettes : agriculture et alimentaire, quelles évolutions au menu ?

Le jeudi 23 février, nous avons eu le plaisir de nous rendre à la conférence de la terre aux baguettes à Beijing, présentée par Marion Lespine, Directrice Générale de la coopérative agricole et semencière française Limagrain, et Benjamin Devos, créateur de la marque de boulangerie « Comptoirs de France Bakery Pékin ». Cette conférence avait pour objectif de présenter le secteur alimentaire en Chine dans son ensemble en mettant l’accent sur les principaux problèmes rencontrés.

Sur l’immense territoire que représente la Chine, seuls 15% sont utilisés pour l’agriculture. Chaque année, c’est 1% de terre arable qui disparaît, conséquence de la pollution, de l’urbanisation et de la désertification. Une course effrénée à la productivité s’engage.

Les scandales alimentaires restent dans les mémoires et sont la hantise des consommateurs chinois. Ils n’ont plus confiance. La Chine doit faire face à une pollution des eaux et de la terre, plus précisément à une pollution blanche c’est à dire une présence de métaux lourd dans les sols. Une étude sur cette pollution des sols a été publiée en 2011 par l’Etat, dans une véritable logique de transparence pour montrer sa volonté à changer les choses.

« La Chine doit inventer une agriculture à la fois productive, verte et sociale »

La Chine doit gérer depuis plusieurs années un formidable exode rural. Les principaux enjeux dû à cet exode rural sont la centralisation de l’agriculture en gérant la décroissance de la population agricole passant de 230 millions d’agriculteurs aujourd’hui à 30 millions en 2050, c’est le projet pilote de concentration des acteurs et de mécanisation. Et la sécurisation de ses approvisionnement tant en matière de sécurité alimentaire que d’atteinte des objectifs de production.

La Chine a fait depuis 15 ans de l’agriculture sa priorité numéro 1 en misant également sur l’innovation technologique pour régler ces problèmes, utilisant son dirigisme étatique pour orienter 15 milliards $ d’investissement dans les dans les biotechs.

Les OGM en Chine

En recherche de productivité, les autorités chinoises cherchent naturellement une augmentation de la productivité agricole par un recours accru aux OGM mais elles se heurtent à une forte opposition de la population chinoise aux OGM. Pourquoi la Chine n’a-t-elle pas de Monsanto ? L’opposition des politiques agricoles locales entrave le dirigisme étatique en matière de recours aux OGM, mais il existe déjà par exemple dans certaines grandes provinces chinoises près de 10% des cultures de maïs OGM.

Consciente des enjeux de nutrition pour une population en forte croissance, la Chine a mis en place une politique de « Go Out Policy » consistant à procéder à des rachats de terres agricoles à l’étranger, dont certaines en Afrique. Cette politique a connu un incroyable engouement sur ces cinq dernières années. Mais la Chine a également procédé au prix fort au rachat pour 43MDS du troisième semencier mondial Syngenta.

Changement des habitudes alimentaires chinoises

Les habitudes alimentaires des chinois évoluent de façon spectaculaire, entre consommation croissante de produits carnés, laitiers et sucrés, un attrait grandissant pour les produits occidentaux et l’image de marque associée (comme la boulangerie-pâtisserie française par exemple), et enfin les nouvelles tendances avec l’émergence du bio et d’une agriculture urbaine.

Alors que la consommation du riz est passée de 107kg/habitant et par an à 97 kg, le même phénomène se vérifie sur les légumes et d’autres céréales, au profit de la consommation de viande et du lait (multiplié par 17 pour le lait). D’autres signaux forts illustrent cette mutation des habitudes alimentaires : +65% de fréquentation pour les Fast Food, une consommation du café multiplié par 4 et par 2 pour les produits carnés en 25 ans (porc le plus consommé et bœuf en croissante augmentation).

D’autres enjeux majeurs se posent à la Chine en matière de santé publique :

  • Le pays compte déjà 110 millions de diabétiques
  • Les consommateurs commencent à être informés à l’image du récent scandale alimentaire sur le lait à la mélanine, largement relayée sur les réseaux sociaux.
  • Les tendances comme le Bio ou le Veganisme se développe

Des petits agriculteurs de campagne qui subsistent grâce aux marchés locaux aux grands groupes agroalimentaires, chinois et étrangers, chacun se positionne pour tirer son épingle du jeu par la conquête de nouveaux territoires de production. Carrefour par exemple, largement installé en Chine, a mis en place un système d’achat en direct auprès des producteurs pour assurer la qualité des produits distribué dans leurs magasins.

Dans cette lancée, Erica Huang, une jeune taiwanaise de 27 ans installée à Pékin depuis 5 ans a créée Farm to Neighbours. Ils organisent 3 marchés par semaine dans Pékin rassemblant des producteurs locaux quasi « Bio » et des entrepreneurs Food (produits d’épicerie fine). Erica Huang entraine ainsi avec elle une large communauté d’entrepreneurs à la tête de la Food Revolution qui s’engage à Beijing.

K’Ho Coffee


À Dalat, au Sud du Vietnam, nous avons passé un week end en immersion avec Rolan, une femme de caractère d’une trentaine d’année qui appartient à l’ethnie K’Ho.

Initialement partis pour une simple visite de la ferme K’HO,  nous avons sympathisé avec Rolan et passé la journée au milieu des plants de café à récolter les grains. Le soir, nous avons même eu l’honneur d’être invité à dîner avec toute la famille avant d’enchainer sur l’incontournable session karaoké !

Une amitié vite nouée nous a permis d’en apprendre (beaucoup) plus sur la gérante de la K’ho Farm. Rolan, ce petit bout de femme est à la tête d’une coopérative de 50 producteurs de café. Elle centralise les l’ensemble des productions afin d’obtenir des prix justes face aux acheteurs du marché.


Mais Rolan ne s’arrête pas là, elle souhaite convertir l’ensemble des cafeiculteurs de sa communauté aux techniques de production durables.

Pour cela, elle propose aux producteurs K’Ho des emprunts à taux 0 afin de faciliter leur transition d’une production conventionnelle à une production Bio.

Une super rencontre qui nous a fais découvrir une femme formidable, pleine d’ernegie et de convictions. On s’en souviendra de notre passage à Da Lat city.


Récolte de Café improvisée

Champs de café sur les hauteurs de Dalat

Hum … les routes pour accéder (en moto) aux plantations de café