Oranjezicht, un jardin urbain qui implique les habitants de Cape Town

Kurt a voulu construire un meilleur environnement pour ses enfants alors qu’il vivait en plein coeur de Cape Town. Il a ainsi converti un espace vierge au abord d’une école en un magnifique jardin de quelques 600 mètres carrés. Luxuriant même en hiver il fait appel à quelques principes d’agro-écologie (Compagnonnage, diversité, much …).

Ce n’est cependant pas là que réside la particularité de son jardin. Il implique l’ensemble du quartier dans la réalisation de ce projet. Il demande à ses voisins de collecter leurs déchets organiques dans un récipient hermétique qu’il leur met à disposition et de saupoudrer régulièrement 1-2 cuillère de Bokashi dessus.

Le Bokashi : Des bactéries pour réduire en engrais les déchets organiques

  • Efficacité, transforme quasi toutes sortes de déchets organiques (viandes, citron …) en compost, le tout en réduisant les odeurs.
  • Rapidité, en 2 semaines les déchets sont prêts à être utiliser comme engrais
  • Economique, 1kg de Bokashi = 100 R (7 euros) pour 5/6 mois d’utilisation

Il récupère ainsi gratuitement chaque jour des kilos d’engrais très riches en micro-bactéries qui serviront à améliorer la qualité et la fertilité des sols.

En plus de fournir des fruits et légumes frais et de saison aux habitants du quartier, il forme les volontaires aux techniques d’agriculture durable et sensibilise les jeunes enfants aux bienfaits d’une alimentation saine.

Ce jardin urbain est devenu en quelques années un réel lieu de sociabilisation au cœur d’un quartier résidentiel où les habitants sont sensibilisés à « l’alimentation durable » et à la valorisation de leurs déchets organiques.

Participatory Guarantee System (PGS) : ces labels locaux qui remplacent les labels classiques

Depuis le début de notre aventure en décembre dernier, nous avons rencontré bon nombre de producteurs utilisant des techniques responsables sans produits chimiques mais n’ayant pas les moyens d’acquérir le tant chéri LABEL BIO. Trop cher, trop compliqué, trop de paperasses, pas encore assez reconnu … les raisons sont nombreuses pour ne pas commencer les démarches.

Face à la difficulté d’obtenir ce label, Audrey a décidé d’implémenter à Johannesburg le label local PGS pour « Participatory Guarantee Systems » (système de garantie par participation). Un label local reconnu à la fois par les producteurs et par les consommateurs.

La certification des producteurs est réalisée en partie par une communauté rassemblant entre autres des consommateurs. Elle est basée sur 3 principes fondamentaux :

  1. Une relation de confiance entre producteurs et consommateurs
  2. Une communauté active
  3. Un échange de connaissances

Audrey rassemble ainsi près d’une quinzaine de producteurs de la région de Johannesburg qui participent chaque semaine au marché de producteurs locaux. Des audits sont régulièrement réalisés par la communauté afin de vérifier la mise en application de ces principes et des caractéristiques propres au label PGS.

Des labels locaux comme le label PGS peuvent s’avérer être une alternative locale intéressante pour les producteurs partageant des valeurs communes mais ne pouvant acquérir le label BIO. De plus, ce type de label facilite la transparence et donc la confiance des consommateurs envers les producteurs.

Ywaste, donne une seconde vie aux déchets organiques

Sans titreEn 2008, Avril et son fils Émile ont créé Y waste, une entreprise de gestion des déchets (organiques et emballages) des professionnels du secteur alimentaire …
Ywaste s’adresse majoritairement aux restaurateurs, distributeurs, festivals … et leur propose de :

1- Les former au recyclage en leur mettant à disposition du matériel de collecte des déchets (organiques et emballages) ainsi que du Bokashi (voir article):

2- Collecter les déchets et utiliser les bienfaits du Bokashi (bactéries) pour transformer les déchets organiques en compost en moins de 90 jours.

« Une gestion efficace et responsable des déchets limite leur présence dans la nature et permet d’enrichir les sols […]. Un geste simple qui conduit à un monde meilleur » – Ywaste

Aujourd’hui les professionnels de la restauration paye une taxe sur le volume de déchets qu’ils produisent chaque année. Ywaste permet pour un coût similaire de s’assurer que ces déchets soit compostés et valorisés.

Ywaste revend ensuite ce compost à des agriculteurs de la région. Un excellent engrais riche en nutriments et contenant un grand nombre de bactéries, élément indispensable à la fertilisation des sols.

Point intéressant : Lors de notre passage à Cape Town, la ville souffrait d’une pénurie en eau. Le Bokashi s’avère être un bon moyen pour économiser l’eau étant donné qu’un sol riche et vivant a besoin d’une quantité d’eau moindre.

Emile, COO Ywaste – Nos principaux challenges :

  1. Faire comprendre aux consommateurs que les déchets peuvent être une ressource pour d’autres acteurs.
  2. Etendre ce modèle à l’étranger

Ywaste se focalise aujourd’hui sur les professionnels mais nous espérons que d’autres solutions mieux adaptées aux particuliers feront leur apparition.